Résistance à l’amaigrissement, que se passe-t-il dans mon corps ?

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Petit focus pour mieux comprendre la résistance à la perte de poids

La micronutrition consiste à satisfaire les besoins en micronutriments de la personne, par une alimentation santé. Elle insiste plus particulièrement sur le dépistage et la correction de véritables verrous qui participent au phénomène de résistance à l’amaigrissement : 4 verrous importants peuvent être présents chez chaque candidat à l’amaigrissement, soit isolément, soit de manière associée.

1 – le verrou des déficits micronutrionnels

La micronutrition a pour but de corriger les déficits secondaires à une alimentation inadaptée aux besoins de l’individu ; le dépistage des déficits micronutritionnels des personnes résistantes à l’amaigrissement a clairement démontré que le statut micronutritionnel des personnes en surpoids était loin d’être satisfaisant.

Ce statut est compromis d’emblée dans le cas des surpoids consécutifs à une ou plusieurs grossesses. Certaines femmes abordent cette période avec un statut insuffisant en raison d’habitudes alimentaires déséquilibrées, cette situation s’aggravant pendant la grossesse. Certains éléments comme l’iode, nécessitent des apports alimentaires plus importants pendant la grossesse (200 à 300μg par jour).

Le déficit micronutritionnel peut être également la résultante de tentatives répétées de régimes restrictifs non compensés; l’individu après sa perte de kilos les reprend dans les mois qui suivent, comme si les micronutriments essentiels jouaient le rôle de pondérostats (maintiennent le poids à la valeur de référence propre à l’individu).

Parmi les micronutriments impliqués, l’implication du fer dans le métabolisme des neuromédiateurs et dans celui de la thyroïde, font de la carence en fer une des causes les plus importantes de résistance à l’amaigrissement. Le problème du chrome doit être envisagé chez les patients présentant une insulinorésistance prédisposant au syndrome métabolique et aux complications du métabolisme glucidique, ainsi que chez les personnes âgées en surpoids.

Le statut en iode mérite de plus en plus notre attention. L’iode est un élément minéral indispensable à l’organisme puisqu’il est essentiel à la synthèse des hormones thyroïdiennes. Les pathologies liées à l’iode peuvent globalement se subdiviser en carence d’apport d’iode à la thyroïde, le plus fréquemment par défaut d’apport alimentaire, et un excès d’apport, souvent d’origine iatrogène (examens de type IRM avec ingestion d’iode). Leur expression clinique se traduit par l’apparition d’un dysfonctionnement thyroïdien dont le bilan d’exploration biologique usuel ne permet pas toujours de déterminer la cause.

2 – Le verrou des acides gras polyinsaturés

 La restriction calorique proposée dans les régimes alimentaires a stigmatisé la famille des lipides (graisses), jusqu’à entraîner des conséquences fâcheuses pour la réussite à long terme de la perte de poids, et pour les risques cardio-vasculaires secondaires à certaines manipulations nutritionnelles.

Par exemple un modèle alimentaire a pendant longtemps été préconisé aux Etats-Unis en raison de son effet positif sur la baisse du cholestérol LDL («mauvais» cholesterol) : le « High carb diet associé au Low fat diet » (régime riche en glucides et pauvre en graisse). Or depuis, de nouvelles données ont permis d’observer que plus on augmente la part des glucides, plus la prévalence de phénotypes B est forte (sujets présentant un taux important de molécules de cholestérol LDL petites et denses fortement athérogènes). Ce type de régime augmente donc le risque cardiovasculaire et en crée même chez des sujets initialement protégés !!!

Plusieurs travaux ont contribué à mettre en évidence l’inégalité des graisses entre elles, tant pour leurs conséquences sur le bilan énergétique que sur les effets physiologiques, en particulier sur la lipolyse (mécanisme permettant au corps de « brûler »/utiliser les graisses).

À la lumière des derniers travaux scientifiques, il semble sage de ne pas restreindre les apports lipidiques de manière excessive et en particulier de privilégier les besoins en acides gras essentiels (oméga 3). Les observations en micronutrition montrent que souvent la répétition des régimes altère le statut en acides gras poly-insaturés.

3 – Le verrou de la sérotonine

Parmi l’ensemble des neuromédiateurs présents dans le cerveau, trois ont une importance majeure dans la gestion de notre comportement et de nos actions, de nos humeurs et enfin, de notre fonctionnement cognitif, c’est-à-dire de notre aptitude à penser. Il s’agit de la Dopamine, de la Noradrénaline, et de la Sérotonine.

La Dopamine et la Noradrénaline sont fabriquées dans le cerveau à partir d’un acide aminé, la tyrosine, présent dans les protéines d’origine animale. La tyrosine pour être transformée en Dopamine, puis en Noradrénaline, nécessite un apport suffisant en fer, vitamine C, vitamine B6 et en cuivre. Pour être mis en réserve dans les vésicules au sein des neurones, le magnésium est indispensable.

De son côté, la Sérotonine est issue de la transformation dans le cerveau d’un autre acide aminé, le tryptophane. Plusieurs situations sont en mesure de nous priver d’un apport suffisant en tryptophane :

un trouble du transit, en particulier la constipation, par oxydation intraluminale du tryptophane.

– une consommation régulière de médicaments ou de contraceptifs : le tryptophane se convertit en vitamine PP nécessaire à la détoxication hépatique des médicaments.

une privation excessive et prolongée en sucres.

un régime restrictif (inférieur à 1200 calories) prolongé et/ou répété.

L’appétence au sucré est un signe fréquemment retrouvé dans les déficits fonctionnels en sérotonine. Il s’agirait d’un mécanisme régulateur et d’automédication du corps qui se concrétise par une attirance incontrôlable vers certains aliments dits “sucrés” : sucreries certes, mais aussi sucres cachés, pain blanc, gâteaux, pain et fromages, chocolat+++, alcool et apéritifs… Cette compulsion se manifeste volontiers entre 17h et 22h, s’accompagne rapidement d’un sentiment de détente et de mieux-être et déclenche un comportement agressif, en cas de frustration.

4 – Le verrou du microbiote intestinal

La consultation de micronutrition implique le relevé d’informations concernant les perturbations fonctionnelles en relation éventuelle avec des déficits micronutritionnels. Ce relevé réalisé à l’aide de questionnaires fonctionnels évalue systématiquement le fonctionnement digestif.

– De nombreux patients présentant un surpoids avec des signes objectifs d’insulinorésistance sont également perturbés au niveau digestif.

– Certaines femmes se soumettant à des régimes récurrents et n’arrivant pas à stabiliser les pertes de poids, ont des signes de déséquilibre de l’écosystème intestinal avec troubles digestifs associés à des suspicions d’hyperperméabilité intestinale (troubles fonctionnels à distance, cutanés, infectieux …).

La complémentation probiotique s’avère intéressante dans la prise en charge de ces patients résistants à la perte de poids. D’après les travaux scientifiques sur le microbiote, 93% des bactéries de la flore intestinale est composée de Firmicutes et de Bacteroidetes ; les obèses ont une flore majoritairement composée de Firmicutes, alors que les Bactéroidetes reprennent le dessus après un régime amaigrissant. Quant aux habitudes alimentaires favorisant l’excès de gras et de sucre, elles favorisent un déséquilibre du microbiote à l’origine des complications de l’obésité.

Il est possible de moduler le profil du microbiote dans un sens favorable :

  • d’une part par des probiotiques dont le profil a démontré des propriétés anti-inflammatoires ;
  • d’autre part, en utilisant une alimentation riche en prébiotiques, les fructanes, qui sont en mesure de favoriser la population des bifidobactéries. De plus, ces prébiotiques provoquent un meilleur rassasiement, et exercent un effet positif sur la perméabilité intestinale.

 « Au-delà des prédispositions génétiques, des facteurs environnementaux (essentiellement alimentation et exercice physique), la composition de la flore intestinale contribue-telle à l’obésité ? » Le point de vue de la micronutrition est que la composition de la flore intestinale est le reflet du fonctionnement de l’écosystème intestinal. À ce titre, une perturbation de cet écosystème est à même de provoquer un état inflammatoire de bas grade et un stress oxydatif au niveau de l’organisme préjudiciables aux mécanismes d’adaptation à l’excès de poids.

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Extrait d’un article de DR DIDIER CHOS – PRÉSIDENT DE L’IEDM (institut européen de Diététique et micronutrition) association regroupant des médecins et diététiciens micronutritionnistes dans toute la France – Article paru dans la revue Santé Intégrative n°9-2009.

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STEPHANIE GUILLET

Diététicienne Nutrionniste
LE PLAISIR DE MANGER, EN PRÉSERVANT SA SANTÉ
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